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 Fred des Rita Mitsouko :(

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Waiting For Words
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MessageSujet: Fred des Rita Mitsouko :(   Mer 28 Nov - 23:58

Tout a été dit Sad

Une de ces dernieres interviewes sur LCI.fr
http://www.wat.tv/swf/123845VQ7OyOE631530 qui, en plus de l'artiste et du talent ne pouvait que nous toucher de pret par les propos qu'il y tient :
"On se plaint de ne pas vendre de disque en France, faut aussi aller chercher le public ailleurs"


PROPOS DU JOURNALISTE QUI A REALISE L'INTERVIEW :
Citation :


Fred Chichin est mort. Il avait 53 ans. J'ai pourtant rencontré il y a trois mois un jeune homme. Un type qui rigolait du piratage sur Internet, un mec qui poussait le petit peuple de la pop française à chanter en anglais et à enchaîner les petites salles à l'étranger devant des foules qui ne vous connaissent pas. Pour continuer à exister mais surtout pour continuer à s'éclater. Sur scène, il était d'ailleurs hilare.

Fred Chichin est mort, les Rita aussi. Ils étaient avec les Beatles et Gainsbourg de ceux qui parlaient à la fois à mes potes et à mes parents. Fred Chichin est mort mais il nous reste Catherine. Et l'héritage Mitsouko.

et sur TF1 http://tf1.lci.fr/infos/culture/0,,3636517,00-fred-chichin-guitariste-dandy-rita-mitsouko-.html


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MessageSujet: Re: Fred des Rita Mitsouko :(   Jeu 29 Nov - 11:11

Et une tres belle interview donnée à Telerama (merci Schkopi.com)


: ‘Variéty’ est enfin le disque le plus épuré que vous
annonciez depuis toujours.


Catherine Ringer : Peut-être l’urgence nous a-t-elle aidée. Je devais
partir en tournée pour un spectacle en Italie et notre label nous a
demandé quelques titres inédits. Les morceaux sont sortis avec une
facilité déconcertante. Du coup, j’ai annulé la tournée, et c’est
reparti ! Ce format pop-rock tout simple nous va bien, il nous donne une
liberté tout en nous cadrant bien.

Fred Chichin : On a surtout retrouvé un état d’esprit. Tout au long des
années 90, on a été un peu largués. C’était l’époque du grand métissage,
et on a commencé a mélanger un peu tout. Ça n’a rien donné. Ce n’est pas
parce qu’on met un bassiste de funk, une guitare acoustique et un
batteur chinois que c’est forcément plus intéressant. On y a juste perdu
la pêche qu’on avait aux débuts des années 80. On s‘est fait piéger par
le musicalement correct français.

: Mais ce métissage a commencé dès vos concerts il y a
vingt ans, non ?


Fred Chichin : Au départ, on a pris des musiciens américains parce qu’on
ne trouvait pas de Français qui « groovaient » comme on le souhaitait.
Dès qu’ils swinguaient un peu, c’étaient des jazzmen, ce qu’on ne
voulait pas non plus. C’est drôle, les gars avec qui on joue aujourd’hui
étaient encore ados à l’époque de ‘C’est comme ça’. Et c’est la première
fois que je m’entends bien avec des musiciens français. Malgré le
décalage de génération, on a les mêmes racines musicales… Avec eux, j’ai
retrouvé ce que j’aimais profondément : la musique occidentale, tout
bêtement. Pendant des années, je m’en suis éloigné. C’est toujours
intéressant intellectuellement d’explorer, de chercher ailleurs, mais au
niveau du résultat artistique, ça l’est assez peu. Quand je repense à
tous les bidouillages, les prises de tête pour utiliser tel son tel
instrument parce que c’était à la mode. On se retrouvait avec un plat
sur lequel on entassait la mayonnaise, le ketchup, trois cornichons…
Comme on est pas nuls, il y avait toujours trois bonnes chansons, mais
dans l’ensemble, c’étaient des assemblages d’éléments de l’air du temps.
Et je trouve que presque toute la musique actuelle n’est que ça !
J’entends très peu de choses spontanées, qui jaillissent d’une vision
personnelle.

: Les Rita Mitsouko, groupe des plus singuliers et
déterminés, n’ont pas pu résister à la pression ?


Fred Chichin : C’est dur d’aller contre la société dans laquelle on vit.
Surtout quand on fait de la musique. Les ambiances dans lesquelles on
baigne nous imprègnent forcément. Il faut accomplir un effort
considérable pour faire un retour sur soi-même et revenir aux choses
essentielles. C’est tout l’inverse du message ambiant de l’échange, du
brassage, de l’écoute de l’autre qui, artistiquement, dilue tout. Il
faut arrêter avec l’intellectualisme et revenir au physique.

: Ce retour au « physique » symbolise aussi la victoire
sur la maladie ?


Fred Chichin : Non. L’hépatite C, c’est une maladie de génération, la
mienne. On est nombreux, de mon âge, dans mon milieu, à être passés par
là. Mon état d’esprit actuel est beaucoup plus en réaction à l’état
musical de la France. Je suis assez remonté et même amer, car j’ai
l’impression d’avoir perdu mon temps, dix ou quinze années.

: Comment s’est faite la rencontre avec Catherine Ringer ?

Catherine Ringer : A une audition pour le spectacle de MarcO’, Flash
rouge, en 1980. Fred était guitariste. Il m’a entraînée avec lui, m’a
dit qu’on allait faire un groupe. J’en avais jamais fait, je n’étais
qu’une interprète. Il m’a proposé : « On essaie pendant un mois. » On a
donné des concerts et ça a marché. Il y a eu une part de chance mais
aussi beaucoup d’acharnement.

Fred Chichin : Catherine était ce que je cherchais depuis toujours. Une
chanteuse. Quand je l’ai trouvée, je savais que c’était bon. En premier,
j’avais craqué sur la fille. Il y avait une affiche pour un spectacle
avec elle en gros plan. J’ai auditionné pour être musicien, je l’ai vue,
elle chantait super bien. Après, il ne me restait plus qu’à lui
démontrer que ce qu’elle faisait était nul. Je l’ai donc débauchée. On
est partis, les autres ont pleuré mais c’est comme ça : ils étaient
mauvais… J’étais fasciné par les chanteuses de rock, j’adorais Jefferson
Airplane et Janis Joplin. Il y a toujours une dimension supplémentaire
par rapport aux mecs. Mais il y a peu de chanteuses parce que les mecs
font peu d’efforts pour cerner, s’accorder à la sensibilité des femmes.

: Votre passion pour la musique remonte à loin ?

Catherine Ringer : J'écoutais de tout quand j'étais une jeunette.
Classique, chanson, rock, blues, musiques de films, musiques d'ailleurs.
Je n'ai jamais focalisé sur un genre particulier. Ma plus belle émotion
musicale, c'était à 12 ans, un concert de Sun Ra, à Saint-Paul-de-Vence.
Ça m'avait mise dans un drôle d'état. Après, il y eu James Brown.

Fred Chichin : La musique, c'est ma vie, depuis toujours. Elle m'a
sauvé. J'habitais à Aubervilliers, dans une tour qui donnait sur des
toits et des usines. J'étais un gamin un peu fantasque, plongé dans
Jules Verne. Tout jeune, j'étais confronté à une contradiction
flagrante : mon père était un communiste fou de westerns. Il était
critique de cinéma mais, à cause de ses convictions, il voyait des
westerns en cachette. Parce qu'officiellement il fallait détester le
western américain, pur produit de l'idéologie impérialiste US. Quand on
va voir des westerns avec son père en douce, comme si c'était un crime,
on a vite un peu de mal avec le communisme. Sinon, mon père fréquentait
les situationnistes, j'ai lu Marx, Aron, etc. Autant dire que j'ai
appris le nihilisme et cette culture de se construire dans la haine de
ce que l'on est. Tout ce qui n'était pas blanc était formidable, tout ce
qui était blanc était mal. J'ai été élevé là-dedans. Il fallait admirer
les Black Panthers. Toute la musique que j'aimais était honnie, jugée
décadente, impérialiste. La seule musique admise, c'était ‘Le chant des
partisans’. Il fallait toujours que je défende mes goûts, que je me
batte pour eux.

: Pour reprendre un de vos titres emblématiques, ‘Y a d'la
haine’…


Fred Chichin : Exactement. Notez que ça fait un moment qu'on l'a écrite,
cette chanson. Chez les Anglo-Saxons, la haine a toujours été la source
du meilleur rock, des Stones aux Stooges. C'est pour ça que le rock n'a
jamais marché en France. Du moins, le vrai, l'authentique. Le rock
original est devenu le twist, le rap est devenu le rap à l'eau, ou le
rap débilo-facho primaire. Je suis un fan du rap US de la première
heure, celui qui avait autre chose à dire que « bande d'enculés, on veut
plus de sous ! ».

: Pourquoi ce titre d'album, ‘Variéty’ ?

Fred Chichin : ‘Variéty’, ça signifie diversité et non pas soupe
uniforme. C'est aussi un clin d'œil à la variété française d'avant,
celle d'un Claude François : je ne l'appréciais pas spécialement, mais,
comme tout le monde, je l'entendais à la radio. Joe Dassin, aussi. Moi,
j'aimais les Beatles ou les Rolling Stones, mais il faut reconnaître que
c'était écoutable. Ces types savaient jouer du piano ou de la guitare,
chanter. Ils connaissaient leur métier. On a perdu ça, je crois. Cloclo,
il a eu du succès parce que c'était un super danseur et il avait un très
bon répertoire. Ce n'était pas dur, il pompait le « top 10 » américain
de chez Motown. Sauf que, maintenant, j'en connais plein qui pompent
tout autant les Américains, le R'n'B et compagnie, et c'est affligeant…
De toute façon, en France, il y a qui ? Philippe Katerine, Rachid Taha,
et puis Etienne Daho. Ils font ce qu'ils disent et ce qu'ils veulent.
Ils ont tout mon respect. Mais Manu Chao, non, par exemple. Ce n'est pas
un musicien. C'est un politique. Comme Renaud. Ils prennent la musique
en otage pour faire du militantisme. La musique, c'est un paillasson sur
lequel ils s'essuient les pieds. Derrière, je n'entends qu'une bande de
suiveurs qui se préoccupent de préserver leur pré carré. La musique,
c'est un vrai travail et c'est dur. Mais en France, on ne travaille pas,
on se contente d'un tout petit niveau musical. Je trouve terrible qu'on
accorde moins de crédit à Daho qu'à des types comme Doc Gynéco ou
JoeyStarr.

: Vous avez pourtant fait un duo avec Gynéco, non ?

Fred Chichin : Ah, oui, bien sûr, quelle créativité ! « Ah si j'étais
riche, lalalalalala. » Le discours d'un Gynéco peut se résumer ainsi :
« Si j'étais riche, je m'achèterais une Porsche et je t'emmerderais,
bâtard. » Je les connais bien ces types, j'ai travaillé avec eux. Je
suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C'est édifiant
sur le niveau et la mentalité… Le rap a fait énormément de mal à la
scène musicale française. C'est une véritable catastrophe, un gouffre
culturel. La pauvreté de l'idéologie que ça véhicule : la violence, le
racisme anti-Blancs, antioccidental, antifemmes… C'est affreux.

: Lors de vos concerts avec l'Orchestre Lamoureux, en
2004, Catherine chantait comme on en rêvait depuis longtemps. On a
souvent eu l'impression que vous vous l'interdisiez…


Catherine Ringer : C'est possible. C'est pour ça que j'annonce à chaque
fois que je vais simplifier… Mais c'est comme lorsqu'on se dit
« calmons-nous ! », ça ne veut pas dire qu'on y arrive. On a sa
personnalité, son caractère, on a envie de se poser mais ce n'est pas
facile. C'est toute une vie de travail de changer sa nature, son
instinct. C'est un travail sur soi, et avec les autres surtout.

Fred Chichin : L'Orchestre Lamoureux, ça fait partie de ces aubaines qui
vous tombent dessus. Financièrement, on n'aurait jamais pu monter un
truc pareil. Ils nous ont invités. C'était l'occasion de faire du Ferré.
J'en rêvais depuis des années.

: D'où vient cette passion pour Léo Ferré ?

Fred Chichin : J'ai été subjugué vers l' âge de 14 ans. Ma base, ce sont
les Beatles, Léo Ferré et Prokofiev. J'écoutais autant Ferré en boucle
que les Beatles. Brassens aussi, mais ce sont les textes de Ferré qui
m'ont marqué. Une chanson comme La Solitude, avec cette idée : « Il faut
aller laver ce qui nous reste de conscience dans les laveries
automatiques », c'est formidable. Il avait tout compris. Si on a
vraiment eu un grand artiste dans la musique populaire, un visionnaire,
capable de s'exprimer aussi bien seul au piano, avec un groupe de pop
électrique ou un grand orchestre, c'est lui. Il composait, écrivait les
arrangements et était un immense poète. Léo Ferré devrait être reconnu
comme un monument culturel. Eh bien non. En France, on préférera
toujours Renaud. Ferré est haï, c'est normal, car personne ne détestait
plus que lui l'establishment. Et l'establishment le lui rend bien.
Renaud, lui, il a tout bon : il est antiaméricain, il est contre tout ce
qui est pour et pour tout ce qui est contre. Il suffit d'aussi peu pour
toucher un maximum de gens en France.

: ‘Marcia baila’ ou ‘Les histoires d'A.’ interprétés à la
Nouvelle Star, ça vous fait quoi ?


Fred Chichin : Rien à cirer. On sert juste d'alibis culturels, de
garants de crédibilité. Même aux Restos du cœur, ils ont joué une
chanson des Rita. C'est pareil. Ça la fout mal si on n'y figure pas.
Pour eux, ça donne une illusion d'ouverture. C'est toujours un peu de
crédibilité de gagnée. Mais je ne suis pas naïf. Je connais toutes les
combines, toutes les manipulations.

: Dans le nouvel album, vous chantez sur Rendez-vous avec
moi-même : « Ouais très gros chantier / Je suis la singer Ringer,
ouais / Très beau chantier / la beautiful belle Ringer »…


Catherine Ringer : Ça part de cette expression : je vais prendre du
temps pour moi. Autrefois, certaines femmes faisaient des retraites dans
des abbayes pour faire le point. Cette chanson, c'est ça : où est-ce que
j'en suis, où vais-je, est-ce que j'ai changé ? Une chanson
d'indépendance d'esprit, être face à soi plutôt que toujours en rapport
aux autres. Cette chanson, avec ses allitérations « singer / Ringer »,
je l'ai écrite en anglais d'abord, puis je l'ai traduite. C'est une
chanson méthode Coué. On fait tous ça, je crois, à défaut d'entendre les
autres vous dire ce que vous aimeriez entendre, on se le dit à
soi-même : « Allez vas-y ! T'es la beautiful Ringer, la plus belle ! »
Une autoémulation, en somme.

: Une manière de confirmer le message de votre chanson
Chères Petites, sur l'album Système D…


Catherine Ringer : Chères Petites parlait de ces gens qui disent aux
jeunes que la vie est nulle dès qu'on grandit, qu'il faut profiter de sa
jeunesse parce que après tout est horrible. Je dénonce cela. J'ai
toujours aimé la vie dans son ensemble. Je n'ai pas peur de la mort.
Quel que soit l' âge qu'on a, l'important est qu'on soit là, et ce que
l'on en fait. J'ai 50 ans et je suis contente. Une fois qu'on est né, il
faut suivre le mouvement ! Ça ne sert à rien de tenter d'arrêter le
temps. Rien n'est immuable. La vie, c'est du travail, un effort constant.

: Vous avez toujours beaucoup joué sur votre physique,
jusqu'à la provoc parfois…


Catherine Ringer : J'adore le spectacle, me montrer. Je suis comme
Rufus, quand il venait au Café de la Gare, tout timide avec sa valise,
en demandant : « C'est ici pour se montrer ? » les artistes qui
choisissent d'œuvrer dans le rock aiment faire des choses marrantes. On
fait ce métier pour prendre des libertés, changer au gré de son humeur.
On est notre propre patron, c'est fondamental. La beauté d'une personne
est d'autant plus intéressante qu'elle est variable. Dans les années 80,
j'avais des dents très abîmées, toutes jaunes et cariées. Alors je les
peignais avec du blanc quand je passais à la télé et ça me faisait un
sourire pas possible, très hollywoodien. Quand une de mes dents est
tombée, j'ai trouvé drôle la tête que ça me faisait : bien maquillée
avec une dent en moins, comme si quelqu'un avait gribouillé une photo.
Ce n'était pas pour m'enlaidir, je trouvais ça amusant… Il faut se
bagarrer pour ne pas céder aux pressions. Il faut être ferme. Mon père
peintre m'a donné une très bonne éducation artistique. Et j'ai eu envie
de la perpétuer, dans mon travail, dans la vie.

: Les Rita Mitsouko, c'est l'histoire d'un couple ?

Catherine Ringer : C'est personnel, comme question… Vous savez, il y a
des couples de commerçants ou de paysans qui travaillent ensemble toute
leur vie et on n'en fait pas un fromage. On n'est pas les seuls.
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